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Réponses aux
questions fréquemment posées :
1 - Quelle est l'origine de l'Eglise Catholique Libérale ?
La Succession Apostolique de l'Eglise Catholique Libérale dérive
de l'Eglise Vieille?Catholique de Hollande.
Notre Eglise est le fait d'une réorganisation, en 1916, qui a été
accomplie en Grande Bretagne. Elle joint à la forme traditionnelle
du culte catholique - avec son rituel majestueux, son profond mysticisme
et le témoignage vivant qu'il rend à la réalité
de la grâce sacramentelle - une ouverture libérale au point
de vue intellectuel.
2 - L'Eglise Catholique Libérale est-elle adogmatique ?
Non. Tout dogme est, par définition, une Vérité
de la foi, contenue dans la Révélation, proposée
dans et par l'Eglise. Or, le rituel de la messe catholique libérale
comprend, outre l'Epître et l'Evangile, le Credo et le Pater.
L'Eglise Catholique Libérale n'est pas adogmatique. Par contre,
elle est opposée au dogmatisme, attitude d'esprit qui, en se référant
à un " système de vérités théologiques
" étroitement comprises mais absolument acceptées,
imposées, présente des réponses à toutes questions
non sans en méconnaître la contingence ou la complexité.
3 - L'Eglise Catholique Libérale est donc éclairée
par une doctrine ?
On entend par doctrine, en théologie et droit canon, l'ensemble
de l'enseignement soit de la Bible (doctrine biblique), soit d'une théologie,
soit du droit. Il est évident que notre Eglise, catholique, a la
doctrine biblique. Elle a aussi, comme toute Eglise chrétienne,
sa doctrine d' Eglise. Le 5ème Synode Episcopal Général
a promulgué une Déclaration de Principes et de Doctrine.
4 - Quelle est la position de l'Eglise Vieille Catholique aux yeux de
l'Eglise Romaine ?
Il faut remonter à l'Ancienne Eglise de Hollande, quelquefois
appelée Janséniste. Mgr Varlet avait été consacré
à Paris en 1719 par Mgr de Matignon qui, lui-même avait été
consacré en 1693 par le fameux Bossuet. Mgr Varlet consacra Petrus
Meindaarts en 1739 comme archevêque d'Utrecht. La validité
de la consécration conférée par Mgr Varlet ne pouvant
être mise en question ; les Ordres de ce qu'on appelle l'Eglise
Janséniste de Hollande sont partout reconnus comme valide.
Lorsque le Concile Vatican I eut décrété, en 1870,
l'infaillibilité du Pape, beaucoup d'éminents érudits,
ayant à leur tête le Dr von Döllinger, premier historien
ecclésiastique de son temps, refusèrent de souscrire à
cette innovation dans la doctrine. Des congrégations indépendantes
se formèrent qui prirent le nom de " Vieilles Catholiques
" en opposition avec le nouveau catéchisme romain. Ces congrégations
s'unirent à l'Eglise de Hollande (Janséniste), afin de ne
pas rester en dehors de l'Église.
L'Eglise Vieille Catholique est donc une Eglise Catholique, indépendante
de Rome, ayant des ordres indiscutablement valides. Le Magistère
Romain et ses théologiens attitrés ont toujours été
unanimes sur ce point certain.
Indiquons, à titre documentaire, qu'on peut lire le passage suivant
dans le " Dictionnaire de la Foi Chrétienne " (Tome 1,
page 802 / Editions du Cerf), oeuvre d'un collège de prêtres
théologiens romains :
" UTRECHT (Eglise d') - Eglise Janséniste, gouvernée
par de véritables évêques. Depuis 1889, liée
aux Vieux Catholiques par l'Union d'Utrecht, à qui elle a transmis
la succession apostolique, joue un rôle assez actif dans le mouvement
cuménique ".
5
- La Succession Apostolique se trouve-t-elle transmise de Eglise Vieille
Catholique à l'Eglise Catholique Libérale ?
De même que l'Église Catholique de Hollande (Janséniste)
tient la succession apostolique de l'Eglise Catholique Romaine, de même
l'Eglise Catholique Libérale tient la succession apostolique de
l'Eglise Catholique de Hollande. Il y a parité de raison.
Toutes les consécrations d'Evêques de l'Eglise Catholique
Libérale dérivent leurs ordres de Mgr Wedgwood et, de lui,
remontent par une ligne continue à l'Eglise Catholique de Hollande.
La validité des ordinations est liée à la continuité
de la succession apostolique des évêques et à l'intention
de consacrer des ministres tels que le Christ les a institués.
Ces conditions diverses sont remplies par les ordinations de notre Eglise.
6 - Le nom de " secte ", particulièrement en religion,
s'applique à ceux qui se sont détachés d'une communion
principale ; dans quelle mesure l'Église Catholique Libérale
pourrait-elle être concernée par cette définition
?
Il s'agit là d'une définition qui n'en est pas une, car
elle réduit l'existence d'une Eglise quelconque à une certaine
valeur numérique. Une telle définition est naturellement
absurde, mais courante, hélas !. Sous un tel rapport d'idées,
il faudrait dire que les chrétiens étaient une secte. Ne
s'étaient-ils pas détachés de la religion juive et
ne formaient-ils pas un minuscule noyau d'adeptes ? Il faudrait même
continuer à soutenir aujourd'hui que la chrétienté
est une secte, puisque, si le nombre a proliféré, les chrétiens
restent dans une continuité identique, ceux qui se sont déliés
d'une communion principale ! On voit d'ici l'absurdité. Rien de
plus sectaire, que le galvaudage de ce mot de secte, communément
entendu lato sensu.
Il faudrait parler de sectaires orthodoxes, de sectaires luthériens,
et autres, parce qu'ils se sont un jour séparés de la juridiction
catholique romaine. Or, tout le monde, y compris les ouvrages et dictionnaires
religieux, parle non de sectes, mais d'Eglise Orthodoxe, d'Eglise Evangélique,
d'Eglise Luthérienne, etc.
Mais revenons à Notre Eglise. La théologie romaine offre
un critérium décisif pour la question. On distingue la secte
de l'église, au sens théologique du terme, en ce que la
secte reconnaît une autre révélation (nouvelle) que
celle dont témoigne l'Ecriture Sainte et qui est affirmée
nécessaire pour comprendre celle-ci. Par ailleurs, la secte limite
le salut à ses propres membres (Dict. de la Foi Chrétienne
: le mot " Secte ".La quiddité de la question posée
apporte la lumière attendue.
L'Eglise Catholique Libérale, contrairement aux sectes, fait procéder
la théologie directement à partir des sources fondamentales
de la Révélation. Elle s'efforce de montrer immédiatement
le lien de telle ou telle doctrine, élaborée au long des
siècles, avec le donné révélé ; c'est-à-dire
qu'elle ne proclame aucune révélation nouvelle, absente
des Saintes Ecritures. Enfin, elle ne borne pas le salut à ses
propres membres.
Elle enseigne que de l'Église, Corps du Christ, il ne faut exclure
aucun des hommes de bonne volonté qui n'appartiennent pas à
l'Église, société visible, mais qui, dans d'autres
religions chrétiennes ou non ou le " schisme ", vivent
sincèrement et de bonne foi. Ils sont, à des degrés
divers, selon l'expression de l'Encyclique " Mystici Corporis "
ordonnés à l'Église. Ils vivent déjà
du salut apporté par le Christ au monde. Ils ressemblent en quelque
façon à ces Justes de l'Ancien Testament qui n'ont pas connu
le Christ, mais cependant l'ont désiré, formellement ou
implicitement, par l'orientation de tout leur être vers Dieu.
En résumé, la question de sectarisme, à propos de
notre Église, prend le caractère de schéma exprimant
une relation stable entre une stimulation donnée et la réponse
qu'elle provoque. Il se déduit de là que l'Église
Catholique Libérale n'est certainement pas une secte.
7 - C'est donc bien une Église ?
Il n'est pas inutile de commencer à répondre en posant
la définition des termes à la lumière de la théologie
principale. Église (du grec " ekklésia " dérivé
de ekkaléo, j'appelle, je convoque), c'est le rassemblement des
hommes convoqués par Dieu et par les ministres de son salut. Il
n'y a qu'un appel, qu'une convocation, qu'une Église de Dieu qui
est universelle. C'est pourquoi l'EGLISE inclut les EGLISES : l'ensemble
des Églises locales avec leurs traditions respectives particulières,
rassemblées sous le chef d'un siège épiscopal ; Église
Orthodoxe, Eglise Luthérienne, Eglise Vieille Catholique, etc
Peut-on, en effet, contester qu'il y ait une pluralité d'Eglises
? Dans le seul Conseil cuménique des Églises, il y
a plus de 200 Églises, abstraction faite de l'Église Catholique
Romaine et de plusieurs Eglises protestantes. Mais toutes ces Églises
constituent, à leur plus haute expression, une seule Église,
un seul peuple de Dieu, un seul Corps du Christ, une seule créature
de l'Esprit.
Tout le message du Nouveau Testament en témoigne. Les textes classiques
sur l'unité de l'Église sont bien connus : 1 Cor. 1/10-30
(union en Christ), 1 Cor. 12/4-11 (unité de l'Esprit dans la diversité
des dons, un corps en des membres multiples), Gal. 3/27 et suiv. (tous,
sans aucune distinction, sont dans le Christ) Rom. 12/3-8 (la multitude
constitue un seul corps dans le Christ), Actes. 2/42 (la persévérance
dans la doctrine des Apôtres et dans la communion fraternelle),
Jean 10/16 (un berger et son troupeau), Jean 17/20-26 (tous comme le Père
et le Fils).
La théologie catholique romaine déclare, avec notamment
l'Ecole post-conciliaire de Tübïngen, un résumé
pratique de tout ce qui, d'après le Nouveau Testament, fonde l'unite
de l'Église, se trouve textuellement dans Eph. 4/1-6 : " Je
vous exhorte donc à mener une vie digne de l'appel que vous avez
reçu, en toute humilité, douceur et patience ; supportez-vous
les uns les autres avec charité ; appliquez-vous à conserver
l'unité de l'Esprit par le lien de la Paix. Il n'y a qu'UN corps
et qu'Un esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel
que vous avez reçu, UN SEUL Seigneur, UNE SEULE Foi, UN SEUL Baptême,
UN SEUL Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous
et en tous ".
L'Unité de l'Eglise suppose la pluralité des Églises.
Leur langue, leur histoire, leurs moeurs et leurs coutumes, leur manière
de vivre et de penser sont différentes. On peut même affirmer
que l'unité de l'Eglise suscite la pluralité des Eglises
du fait de la diversité des appels de Dieu, de la variété
des dons de l'Esprit et de la dissemblance entre les membres du Christ
et leurs fonctions.
" D'après le Nouveau Testament, l'Eglise du Christ n'est pas
une Eglise uniformisée de manière centralisatrice, égalitaire
ni surtout totalitaire. Ni une liturgie uniforme, ni une discipline ecclésiastique
uniforme, ni une théologie uniforme ne font partie de l'essence
de l'Eglise. En se référant à l'Epître aux
Ephésiens 4/4-6, on pourrait plutôt formuler le contraire.
Diversité dans la LITURGIE ; diversité aussi dans la THEOLOGIE.
Un Dieu, un Seigneur, une espérance et une foi, mais diversité
de théologies, de systèmes, de styles de pensée avec
leurs appareils conceptuels d'écoles, de traditions et d'orientations
de recherche. Diversité enfin dans la DISCIPLINE ECCLESIASTIQUE
: un Dieu, un Seigneur, un Esprit et un Corps ; mais diversité
dans les ordonnances concernant la vie et le droit, diversité des
murs et des usages administratifs, et finalement en ce sens, diversité
d'Eglises ! " (Hans KÜNG / L'Eglise, tome 2, p.389).
Mais, ajoute le célèbre théologien romain, tant que
tous veulent avoir le même Dieu, le même Seigneur, le même
Esprit et la même foi, et non leur propre Dieu, leur propre Seigneur,
leur propre Esprit et leur propre foi, tout est dans l'ordre ; c'est l'EGLISE.
Ainsi, proclame KÜNG, selon le N.T, il y a des manifestations historiques
fondamentalement diverses de l'unique Eglise, qui toutes peuvent être
légitimes ; sous des aspects différents, elles sont des
formes et des caractéristiques différemment structurées
de l'unique Eglise (pag. 389 de l'op. cit.)
Ainsi l'Eglise est-elle d'abord le rassemblement des chrétiens
qui croient en Christ et vivent de sa vie. Les membres des différentes
Eglises (catholique, orthodoxe et autres) sont liés entre eux,
à travers leurs différences, par une réalité
mystérieuse, " mystique ". Chacun des Chrétiens,
et tous les chrétiens ensemble, ont pour esprit l'Esprit-Saint,
l'Esprit de Jésus ressuscité. Saint Paul, dans le premier
chapitre de l'Epître aux Ephésiens, décrit ce qu'il
appelle " l'anakophalaiôsis ", c'est-à-dire le
rassemblement de l'univers entier sous une tête unique, le Christ
ressuscité
En définitive, l'Eglise Catholique Libérale est, tout comme
l'Eglise Catholique ou l'Eglise Orthodoxe., véritablement une Eglise
parce que la communauté entre fidèles est un lien si intime,
si réel, que nous formons tous ensemble avec le Christ ce que l'on
appelle le Christ total. Et l'EGLISE, c'est le Christ.
8 - L'Eglise Catholique Libérale se présente-elle comme
une Eglise institutionnelle ?
Dans un corps, chaque membre est solidaire de tous les autres membres.
Ainsi, dans une véritable communauté chrétienne ;
" Nous sommes membres les uns des autres " (Rom. 12/5) ; cette
interdépendance des chrétiens dans l'Eglise confère
deux caractères essentiels à l'Eglise : c'est une communauté
hiérarchique et une communauté fraternelle, c'est-à-dire
une communauté profondément organique.
L'Eglise Catholique Libérale présente manifestement ces
deux caractères essentiels. Elle est une communauté hiérarchique
avec son clergé, ses Diacres, ses Prêtres, ses Evêques.
Elle est une communauté fraternelle sous la houlette des évêques
qui la gouvernent dans la communion de la foi. Elle réunit donc
indiscutablement les deux caractères essentiels constitutifs d'Eglise.
On peut ajouter qu'elle réunit ces mêmes caractères
sur un fondement historique d'où sa justification est assurée.
Elle a la succession apostolique qui la justifie et qui lui donne son
autorité légitime. Elle annonce l'Evangile du Christ et
a donc une confession authentique. Elle distribue les Sacrements qui transmettent
à chaque homme la vie divine de la grâce. Pour traduire ce
mystère de vie, Saint Paul se sert parfois de ce mot grec très.
significatif " samphutoi " ; nous sommes " greffés
" sur Jésus-Christ, de telle sorte que nous devenons une même
plante avec lui. Elle procède à la célébration
du mystère eucharistique qui est liée par une ligature exceptionnelle
à l'image de la Vigne, puisque c'est le Vin qui, à la Cène
et à la Messe, est changé dans le Sang du Christ. "
Je suis la Vigne, vous êtes les sarments " dit Jésus.
Une même sève circule du cep aux sarments ; ainsi la vie
divine vient en nous par Jésus présent à la Messe.
Que le Seigneur Jésus ait voulu confier à une hiérarchie
le " pouvoir d'ordre ", c'est évident dans l'Evangile.
A la Cène, seuls les Apôtres étaient présents
; c'est au milieu d'eux que Jésus institua la Sainte Eucharistie
et c'est à eux qu'il dit : " Faites ceci en mémoire
de moi ". Au soir de la Résurrection, c'est aux Apôtres
seuls qu'il donna le pouvoir de pardonner les péchés: "
Recevez I'Esprit-Saint ; ceux à qui vous remettez les péchés,
ils leur seront remis " (Jean 20/21-22). Les Evêques succèdent
aux Apôtres; mais, dès les temps apostoliques, les Evêques
durent s'adjoindre des Prêtres pour les aider dans leur Ministère
de la Parole et des Sacrements ; ils les faisaient participer à
leur pouvoir de Sacerdoce.
Le Christ a donc institué l'Eglise Apostolique. La mission divine
confiée par le Christ aux Apôtres est destinée à
durer jusqu'à la fin des siècles (Mat. 28/20). La constitution
passe immédiatement de cet énoncé général
fondamental à la succession des ministères ecclésiastiques.(conf.
Constitution " Dé Ecclésia " de Vatican II / 1964).
La réponse fondamentale ne peut être que celle-ci : l'Eglise
! Il est certain que l'Eglise Catholique Libérale, gouvernée
par des évêques, tous dans la succession apostolique, est
Eglise
9 - Il est enseigné que l'unité, la sainteté, la
catholicité et l'apostolicité sont les signes d'identification
d'une véritable Eglise ; ces signes sont-ils possédés
par l'Eglise Catholique Libérale ?
L'UNITE
H. Küng nous rappelle très justement (op. cit. p. 386)
que l'unité de l'Eglise n'a rien à voir avec la magie du
nombre un, avec la fascination de l'unité en elle-même. Elle
ne relève pas de ses caractères extérieurs. L'unité
de l'Eglise est une grandeur spirituelle.
Elle n'est pas, en premier lieu, une unité des membres entre eux
; elle ne repose pas en fin de compte sur elle-même, mais sur l'
unité de Dieu même, qui est efficace par Jésus-Christ
dans l'Esprit. C'est le seul et même Dieu qui rassemble en un seul
Peuple de Dieu les dispersés de tous les lieux et de tous les temps,
quel que soit leur culte. C'est le seul et même Christ qui, par
sa parole, les unit tous en une seule communion fraternelle par son Esprit.
C'est le seul et même baptême, par lequel tous deviennent
membres du même Corps du Christ ; le seul et même repas du
Seigneur, dans lequel tous restent unis au Christ et entre eux par delà
leurs divergences. C'est la seule et même confession au Kyrios Jésus,
la même espérance de la gloire, le même amour, le même
service pour le monde. L'Eglise est une, essentiellement. L'unité
de l'Eglise en elle-même se rattache par un lien indivisible à
l'unité de l'ensemble de toutes les Eglises. (christocentrique).
L'Eglise Catholique Libérale est donc UNE, tout comme l'Eglise
Romaine est UNE. Les Eglises sont des nombres de même espèce
qu'on peut dès lors additionner et qui font une unité.
Cette vue rejoint symboliquement, mais réellement aussi, la Fraction
du Pain. L'Hostie entière, c'est Jésus. Chaque parcelle,
donc visiblement chaque élément de l'Hostie, c'est encore
Jésus, tout Jésus. Unité, hic et munc. Le fractionnement
matériel n'est qu'une disposition multiforme de l'unité,
elle-même insécable. Car il s'agit d'une unité d'abord
spirituelle, mystique. Si la vie du Christ peut se diffuser à l'intime
des croyants, qui sont eux-mêmes unis réellement, par le
moyen des sacrements, au Christ souffrant et glorifié, c'est que
le Fils de Dieu a transformé l'homme pour en faire une nouvelle
créature (conf. Gal. 6/15 et 2 Cor. 5/17). En communiquant son
Esprit, en effet, il a établi ses frères, qu'Il appelait
d'entre toutes les nations, d'entre toutes les communautés religieuses,
mystiquement comme son propre corps. Tous les croyants et les Eglises
faits UN ; " Unus panis " ; nous ne sommes qu'un corps, attendu
que nous recevons notre part de ce pain unique (1 Cor. 10/ 17).
LA SAINTETE
Il est de théologie que l'Eglise est voulue par le Père,
fondée par le Fils et sanctifiée par l'Esprit.
Après que fût accomplie l'uvre que le Père avait
donnée au Fils sur la terre (Jean 17/4), l'Esprit-Saint est envoyé,
le jour de la Pentecôte, pour qu'il sanctifie l'Eglise de façon
continue et qu'ainsi les croyants aient, par le Christ en un seul Esprit,
accès au Père (Eph. 2/18).
L'Esprit habite dans l'Eglise et dans les curs des fidèles
comme dans un temple (1 Cor.3/16 et 6/19). Il unifie l'Eglise dans la
communion et le ministère. Il l'instruit et la dirige par les dons
divers d'ordre hiérarchique et d'ordre charismatique; il l'orne
de ses fruits (Eph. 4/11?12, 1 Cor.12/4; Gal. 5/22). Il rajeunit l'Eglise.
Il la rénove perpétuellement et la conduit enfin à
l'union parfaite avec son Epoux. Car l'Epoux et l'Epouse disent au Seigneur
Jésus : " Viens ! " (Apo. 22/17). Ainsi, l'Eglise Universelle,
dont l'Eglise Catholique est nécessairement partie intégrante,
apparaît comme " un peuple unifié dans l'unité
du Père et du Fils et de l'Esprït-Saint ".
Cette définition patristique a été reprise, en 1964,
par Vatican II dans la Constitution Dogmatique " de Ecclésia
" (1/5).
LA CATHOLICITE
Le mot "catholique", rendu en latin par "catholicus"
ou par "universalis", signifie lié ou orienté
au tout universel. Que résulte-t-il de cette façon d'envisager
l'Eglise "Catholique" comme l'Eglise Universelle et dans son
ensemble ?
La théologie romaine post-conciliaire avec, notamment H. Küng
(op. cit., tom. 2, pag. 424 et suiv.) déclare que tout d'abord
le concept est à délimiter de façon négative:
1 - Une Eglise n'est pas catholique simplement par EXTENSION SPATIALE;
la catholicité n'est pas d'abord un concept géographique
! En quoi est-il utile à une Eglise d'être répandue
si, d'autre part, elle n'accomplit pas le message christique ?
2 - Une Eglise n'est pas catholique simplement par QUANTITE NUMERIQUE;
la catholicité n'est pas d'abord un concept statistique ! Quel
secours trouvera-t-elle à être très nombreuse si elle
était infidèle à son essence et, par exemple, si
le grand nombre pratiquait un christianisme traditionnel de pure forme
?
3 - Une Eglise n'est pas catholique simplement par le fait de la CONTINUITE
TEMPORELLE; la catholicité n'est pas d'abord un concept historique
! Que sert-il à une Eglise d'être la plus ancienne Eglise,
d'en appeler à n'importe quels "Pères" des XIII
ième, V ième ou II ième siècles, si elle ne
représente que le monument d'une très vénérable
tradition ?
Alors, qu'est donc exactement la catholicité de l'Eglise ? La
catholicité de l'Eglise consiste dans une totalité qui a
pour fondement l'identité, pour conséquence l'universalité
(cf. Küng, op. cit. p. 427. Etant UNE, l'Eglise doit être universelle
et, étant universelle, elle doit étre UNE. Unité
et catholicité sont deux dimensions de l'Eglise. Cette catholicité,
en définitive, est réalisée par l'union en Christ
configurée par les Evêques, successeurs des Apôtres,
paissant les troupeaux fidèles partout et en tout temps. A une
époque encore néotestamentaire, le terme de "catholique"
est pour la première fois appliqué à l'Eglise par
Ignace d'Antioche, en 110 environ.
"Là où est l'Evêque, là aussi doit être
le peuple; de même que là où est Jésus-Christ,
là est l'Eglise Catholique".
La quatrième note d'authenticité d'une Eglise, c'est son
apostolicité. Nous savons déjà que l'Eglise Catholique
Libérale a la permanence de la succession apostolique. Elle lui
est partout reconnue; le magistère suprême romain ne faisant
pas exception.
Il s'induit, de tout ce qui précède, que l'Eglise Catholique
Libérale a toujours été une Eglise une, sainte, catholique
et apostolique. Cette affirmation, pour être formellement théologique,
se fonde sur la christologie, la tradition, la patristique, l'écclésiologie
et l'eschatologie.
Depuis le concile de Constantinople, en 381, l'Eglise confesse la proposition
du Symbole de Nicée, confirmée à Ephèse et
à Chalcédoine: "Nous croyons à l'Eglise une,
sainte, catholique et apostolique"; ces quatre signes étant
réputés signes d'identification de véritable Eglise.
10 - L'Eglise Catholique Libérale est-elle une Eglise aux yeux
de Rome ?
Ce n'est vraiment pas sans motif que les différentes Eglises chrétiennes
s'appellent Eglises.
Le décret sur l'Oecuménisme de Vatican II cite parmi les
REALITES COMMUNES qui dégagent la physionomie d'EGLISE : la foi
au Christ et le Baptême, et, de ce fait, la justification et l'insertion
dans le Corps du Christ ; par quoi tous deviennent d'authentiques chrétiens
et nos frères dans le Seigneur ; la parole écrite de Dieu,
la foi, l'espérance et la charité, d'autres dons intérieurs
de l'Esprit-Saint et enfin, des actions liturgiques qui médiatisent
l'accès à la communion du Salut (Doc. Oec. N° 3).
Toutes ces conditions dogmatiquement exigées se trouvent remplies
par l'Église Catholique Libérale ; il s'ensuit qu'elle est,
ipso facto et ipso jure, automatiquement dans la qualification d'ÉGLISE
aux yeux de Rome.
11 - L'Eglise Catholique Libérale est-elle hérétique
ou schismatique aux yeux de Rome ?
Vatican II a révisé l'attitude de l'Église catholique
vis-à-vis des autres Églises chrétiennes sur des
points capitaux :
1 - Tandis que Rome autrefois ne connaissait que des hérétiques
et schismatiques, considérés au fond comme de mauvaise foi,
elle s'adresse maintenant aux autres chrétiens comme à des
frères séparés, juridiquement séparés.
Le terme de schisme qui, au sens théologique, désignait
le péché de rupture de la communion catholique romaine et
la situation née de cette rupture coupable, a été
vidé de son contenu par élimination. Le terme de "
séparés " ne renferme rien de peccamineux. Il est éclairé
de bienveillance (frères séparés). C'est l'union
quand même dans la famille de Dieu.
2 - Tandis qu'autrefois Rome ne reconnaissait que des chrétiens
isolés en dehors de l'Église, elle reconnaît maintenant
l'existence de communautés chrétiennes en dehors de l'Eglise
Catholique et les considère comme " Églises ".(Ecclesiae
vel communitates ecclesiasticae, Constitution " De Ecclesia "
de Vatican II et Décret sur l'Oecuménisme, 164).
3 - Enfin, jadis était hérétique celui qui niait
un dogme et il encourait l'anathème. Cette situation, influencée
par le concept médiéval " Eglise/hérésie
", trop bien connue, a été dépoussiérée,
déculpabilisée en partant du juste principe que la coexistence
d'Églises différentes ne met en question l'existence de
l'unité de l'Église que si, au lieu de garder intact le
lien de la paix, on se jette dans la discorde, la guerre. En fait, l'hérésie,
en tant qu'état, est devenue périmée. La théologie
post-conciliaire avec son plus éminent éclaireur, H.Küng,
enseigne :
" Toutes les profondes différences entre les diverses Églises
sont englobées par la certitude que l'on est UN dans l'unité
de l'Église du Christ. Ainsi, ces différences, si visibles
et si profondément enracinées qu'elles puissent être,
ne sont pas de nature à diviser l'Église. Elles ne signifient
pas déchirement de l'Église ". (op. cit. p. 389). Et
" Nul n'a le droit ici de réduire la vocation à une
seule Église, d'endiguer l'Esprit, d'uniformiser les Églises
membres ".(ibid. p. 388).
Il est intéressant de noter que l'Église Romaine reconnaît
désormais aux communautés écclésiales jusqu'ici
considérées comme schismatiques-hérétiques,
une certaine "possibilité" d'avoir les quatre signes
d'Eglise véritable. Depuis 381, l'Eglise Romaine se réservait
jalousement l'affirmation du Credo:` "Et unam, sanctam, catholicam
et apostolicam Ecclesiam ".
C'est radicalement changé. Vatican II a rejeté la formule
d'identification d'abord adoptée par la commission: l'unique Église
que nous confessons dans le symbole de la foi comme une, sainte, catholique
et apostolique EST l'Église catholique gouvernée par le
successeur de Pierre et par les Évêques en communion avec
lui. L'affirmation EST - de sens restrictif - a été remplacée
par la formule "EXISTE DANS l'Église Catholique" (subsistit
in, Constitution "De Ecclesia", 8). Pour justifier le fait que,
pour la première fois, est repoussée la formule d'identification
datant de 381, la Commission a ajouté: "pour que cette expression
s'accorde mieux à l'affirmation selon laquelle des éléments
de l'Eglise existent ailleurs" (Constitutionis de Ecclesia Romae,
1964 p.15 et 25).
"On veut parler ici - précise H. Küng, théologien
conciliaire - de ces Églises ou communautés ecclésiales
dont il est question en la Constitution "De Ecclesia" N°
15".
12 - Rome étant devenue de longue date le centre de la catholicité
; ce fait ne révèle-t-il pas aux catholiques un lien sacré
entre le catholicisme et son siège traditionnel ?
Autrefois capitale de l'empire romain et dénommée "la
Ville" par excellence, Rome a été sanctifiée
par le martyre et la sépulture des apôtres Pierre et Paul.
Voilà qui appelle notre attention et notre respect, mais ils vont
finalement beaucoup plus au martyre qu'au lieu géographique. Le
martyre des deux grands Apôtres ne cesserait pas d'être le
même témoignage s'il s'était déroulé
ailleurs. Il est vrai que Rome a été choisie pour devenir
la "chaire" du successeur de Pierre, mais cela demande quelques
précisions.
C'est un théologien jésuite, le Père Hertling, qui
remet tout en place: "Jésus n'a point assigné au Royaume
de Dieu un centre de culte localisé". (Hist. de l'Eglise,
p. 10 Name, éditeur).
Saint Pierre était arrivé à Rome pour désigner
le futur évêque. Il est évident qu'aucune primauté
pontificale de l'évêque romain ne saurait dépendre
du fait que Pierre ait séjourné à Rome (après
avoir siégé à Antioche), ni même de sa simple
apparition dans la Ville Eternelle. La primauté, si elle est une
institution d'ordre divin, ne peut logiquement pas dépendre d'actes
humains. Lin et Clet n'apparaissent pas dans l'histoire comme pontifes.
Lin et Clet, d'après une tradition romaine très sérieuse,
n'auraient été que des vicaires de St Pierre (Chanoine Ménuge
- Histoire de l'Eglise p. 31 Poussielgue éditeur Paris).
Irénée (Haer. 3/3) écrit: "Après .que
les saints Apôtres Pierre et Paul eurent fondé et organisé
l'Église, ils confièrent à LIN la liturgie (ordre
des cérémonies) de la fonction épiscopale".
(Hertling, Histoire de l'Eglise p. 23) C'est ce Lin que Paul mentionne
dans ses épîtres à Timothée. Anaclet lui succéda
comme évêque (Hertling, op. cit. p.23).
En résumé, Rome est un siège épiscopal dont
le titulaire a, comme évêque, une primauté d'honneur.
Même aujourd'hui, l'Église Orthodoxe reconnaît à
l'Evêque de Rome une primauté d'honneur en souvenir de Pierre.
L'exercice du magistère suprême n'est pas inséparablement
lié à Rome. Une lignée de papes n'a-t-elle pas exercé
son magistère en Avignon ? Rome est la plus ancienne ville comme
siège du chef du collège apostolique. C'est d'abord à
Jérusalem que les apôtres dirigèrent tous ensemble
la chrétienté.
Une solide tradition fait de Saint Pierre le premier évêque
d'Antioche (voir Eusèbe, Chronique 40 / St Jérôme,
"Des Hommes illustres", tome 1) et l'Eglise célèbre
la fête du premier siège à Antioche, le 22 février.
Il est infiniment vraisemblable que, si Pierre dota Rome d'une prépondérance
religieuse dépassant les limites de sa domination terrestre, c'est
tout simplement parce qu'il y habita longtemps, exerçant "la
chaire sacerdotale". Antioche, dont l'Église se réclame
de Pierre et de Paul (Actes. 21/25) a aussi une primauté d'honneur.
Son évêque (métropolite) est dans la succession de
Pierre au premier rang chronologique. Mais une autre considération
beaucoup plus élevée domine toute cette question. Parce
que l'Église est une, catholique et apostolique, il suit de là
que son CENTRE n'est pas quelque point fixe de la terre. C'est essentiellement
un souffle de l'Esprit-Saint qui rayonne partout à la fois et irradie
toutes les Églises chrétiennes.
13 - L'Église Catholique Libérale est-elle en union avec
Rome ?
Premier point. Ne pas confondre union et dépendance, ou mieux,
sujétion. Dégager l'union mystique du pouvoir de juridiction.
Distinguer le spirituel du temporel. L'unité n'est pas l'uniformité.
Ceci posé, tout devient simple.
Le mot unité, appliqué à deux Églises chrétiennes
juridiquement distinctes, suscite deux significations d'un ordre différent;
l'unité juridique et l'unité mystique. C'est évidemment
sous la plus haute expression dont le terme unité reste toujours
susceptible qu'on doit envisager celle-ci.
La théologie, dans son dernier état, appelle Corps Mystique
le corps communionnel des chrétiens réunis dans le Christ
par les signes (mystères) de l'Église. Le terme traduit
donc le mystère de l'union des chrétiens au Christ. Avec
eux, le Christ forme un corps, distinct d'un corps physique, en ce que
dans le Corps mystique les membres unis à la Tête continuent
de jouir de leur personnalité, à la différence du
corps physique, dont les parties manquent de subsistance propre; distinct
aussi d'un corps social, en ce que son principe d'unité, l'Esprit-Saint,
l'emporte sans aucune mesure sur tout ce qui peut unir un corps social.
Sous un tel éclairage, donné par la doctrine classique,
elle-même alimentée par l'Évangile, ensuite appuyée
par Pie XII dans son Encyclique "Mystici Corporis", nous voyons
que toutes les Eglises chrétiennes sont dans l'unité mystique.
Il n'y a plus deux significations du mot unité, mais une seule:
unité mystique. Cette dernière est absorbante de toutes
distinctions ou séparations.
Ainsi, l'Église Romaine et l'Église Catholique Libérale
sont mystiquement UNE.
Cette image exprime l'interdépendance vitale des chrétiens
entre eux. Cette unité est une force vivante; c'est-à-dire
conforme aux de:ux grandes lois du Vivant; la diversité des fonctions
et l'organicité.
Dans l'Eglise naissante, comme le fait remarquer si bien le Père
Ravier dans " L'Eglise du Dieu vivant ", p. 80 - les fonctions,
sous la poussée du Saint-Esprit, se sont diversifiées très
vite et de façon extrêmement variée. Diversité
qui n'empêche pas, qui prouve au contraire, l'unité des chrétiens.
Il y a diversité de dons, dit Saint Paul dans la 1ère Epître
aux Corinthiens, mais c'est le même Esprit ; diversité de
ministères, mais c'est le même Seigneur; diversité
d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout
en tous. A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour
l'utilité commune .... Car comme le corps est un et a plusieurs
membres et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre,
ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ .... Vous êtes
le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part
.... (12/4-30 4-30).
14 - L'Eglise Romaine s'est-elle déclarée unie à
ceux qui n'accepteront pas tous ses dogmes ou bien qui ne sont pas soumis
au pape ?
La Constitution dogmatique "De Ecclésia" (traduite en
français par la Librairie Saint-Paul, Lyon, en sa page 12) fait
l'objet d'une introduction de Mgr Renard où il est écrit
: " l'Eglise se sait UNIE, pour de multiples raisons à ceux
qui portent le nom de chrétiens, sans pour autant professer toute
la foi ni être unis au Successeur de Pierre ".
Ainsi, le fait de ne pas acquiescer à tous les dogmes de l'Eglise
Romaine ou de ne pas reconnaître la suprématie papale, n'enlève
pas l'unité. Les paroles de Mgr Renard sont étayées
par le n° 15 de la Constitution prémentionnée. Ce n°
15 est lui-même préparé par le n° 7 : " Dans
la fraction du pain eucharistique, nous avons part réellement au
Corps du Seigneur et nous sommes élevés à la communion
avec Lui et ENTRE NOUS. Ainsi, TOUS nous devenons membres de ce Corps
(cf. 1 Cor. 12/27) et respectivement membres les uns des autres "
(Rom. 12/5).
Et, supra, dans un contexte profondément oecuménique, le
N° 7 du texte dogmatique reprend la parole de Paul : " Nous avons
été baptisés dans un seul Esprit pour faire un seul
corps " (1 Cor. 12/13).
15 - On peut donc dire que l'Eglise Romaine et l'Eglise Catholique Libérale
sont "en communion" ?
A - Elles sont d'abord en communion au sens mystique. La communion, au
sens des chrétiens primitifs, est la communauté des croyants
avec leurs évêques ; de ceux-ci entre eux et de tous avec
leur chef, le CHRIST. Le signe tangible et en même temps le principe
par lequel se renouvelle sans cesse cette communauté est l'Eucharistie,
la communion. (Hertling, op. cit. p.40).
B - Elles sont en communion ecclésiale (cet adjectif gardant le
sens de " qui concerne l'Eglise, entendue principalement comme la
communauté dans la foi, animée par l'Esprit-saint ".
En effet, la consécration eucharistique dans notre Eglise est reconnue
valide par l'Eglise Romaine. Or, celle-ci a proclamé, depuis toujours,
que le signe de communion par excellence est la participation à
une même eucharistie (cf. Actes 2/42).
Il faut comprendre par là non la présence effective à
une même messe pour une même communion, mais pour une communion
universellement la même, identique çà et là,
autrement dit la seule vraie, conformément à la parole du
Christ : " mon Corps ", " mon Sang " ; la présence
réelle.
Cette communion ecclésiale des Eglise Catholique Romaine et Catholique
Libérale est illuminée par un passage de Saint Paul (1 Cor.10/16-17)
: " Le calice de bénédiction, que nous bénissons,
n'est-il pas une communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul
pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs car nous
participons tous à un même pain ".
Il est bien juste de dire que la participation à une même
eucharistie, le Corps et le Sang sacramentels du Christ, est le signe
de communion par excellence, celui qui constitue l'ensemble des relations
mutuelles, invisibles et visibles ; l'unité et la catholicité
qui exprime la vie sur terre d'une Eglise, ou bien encore, de deux ou
plusieurs Eglises entre elles.
C - Elles sont en communion au sens théologique. La communion,
en théologie, ce sont les relations fraternelles des chrétiens
entre eux, fondées sur leur union commune aux Personnes Divines.
Nos deux Eglises sont donc " en communion " à la place
première de l'important.
16 - Les Deux Eglises sont-elles aussi en communion ecclésiastique
?
On réserve l'adjectif ecclésiastique, mis à sa place,
qui demeure seconde, à l'aspect juridique et social de l'Eglise
et, dans un sens plus restreint, au clergé.
Traditionnellement, Rome a enseigné que la communion ecclésiastique
se réalise immédiatement dans l'Eglise locale autour de
l'Evêque entre les Eglises par les relations mutuelles des Evêques,
rassemblant dans l'unité de l'Eglise universelle, dont l'Evêque
de Rome est le centre et le chef, la multitude des Eglises particulières.
Ces vues, un peu simplistes et devenues presque caduques devant l'ampleur
du mouvement oecuménique et l'approfondissement eschatologique,
donnèrent lieu à une nouvelle expression de la théologie
post-conciliaire.
On a d'abord fait observer qu'à trop fixer les structures juridiques
et leurs rapports médiats avec les hiérarchies, pour définir
la communion ecclésiastique, on arrivait à considérer
tout de bas en haut et non de haut en bas. Si la communion réunit
à travers le temps, dans une même Eglise les générations
successives, c'est, au sommet, par le rattachement aux Apôtres et
à Pierre, mais forcément et encore plus au Christ et au
message du Christ. C'est pourquoi le théologien conciliaire Hans
Küng écrit dans "L'Eglise", p.386, que la communion
ecclésiastique, administration de l'Eglise, hiérarchie,
etc ....
C'est le même et seul Christ qui, par sa parole et son amour, unit
en une communion les membres du clergé entre eux et ceux-ci avec
le Peuple de Dieu par son Esprit. C'est par le seul et même repas
du Seigneur que les Prêtres, les Evêques et les Fidèles
restent unis entre eux.
C'est à sa manière de rompre le pain que les disciples d'Emmaüs
ont reconnu le Christ ! Jésus fut conçu, inspiré
et guidé par l'Esprit; sur la Croix " emisit spiritum / Il
rendit l'Esprit " Ressuscité, Il l'envoya aux Apôtres,
lors de la magnifique Pentecôte, qui fonda définitivement
l'Eglise - Corps du Christ. Cet Esprit agit dans l'Eglise, mais il n'est
pas lié par l'organisme hiérarchique et sacramentaire qu'il
anime et qui constitue essentiellement l'enseignement et l'action du Sauveur;
malheur à la communauté ecclésiale qui, par la tentation
facile des morceaux choisis d'Evangile, ne retiendrait qu'un aspect -celui
qui lui plaît -du plan divin ; qui, oubliant l'ordre du Christ :
" Qu'ils soient tous un, Père, comme toi et moi sommés
un " (Jean 17/20-21), s'en tiendrait à une communion ecclésiastique
faite de cloisons étanches. Si le pape représente Pierre,
Pierre représente le Christ Universel. Si la communion ecclésiastique
se réalise autour des Evêques avec le Pape, comment limiter
cette communion ecclésiastique au troupeau Catholique Romain ?
Sa nature et sa vocation font qu'elle s'ouvre sur toutes les Eglises Chrétiennes,
car Pape et Evêques sont d'abord prêtres, chacun à
son rang hiérarchique.
Or, tout prêtre n'est jamais que le représentant du Christ,
le Prêtre Unique, le seul Grand-Prêtre Eternel, Universel.
Seul le Christ, dans le nouveau peuple de Dieu, porte le titre de "
hieros " (Chef Sacerdotal, Pontife). L'Eglise est un peuple sacerdotal
(et non un peuple de prêtres et d'évêques). Prêtres
et évêques, députés à certaines fonctions
dans le service du peuple de Dieu, participent de façon particulière
au sacerdoce unique du Christ. (Cf. Dict. de la Foi Chrétienne
tome 1, p.610).
L'Église existe par le Christ. Elle existe par Lui, en Lui, pour
Lui. Cette vision christocentrique de la communion ecclésiastique,
dépassant les Evêques, le Pape, Pierre et les Apôtres,
débouche sur communion ecclésiastique des différentes
Eglises Chrétiennes.
La communion ecclésiastique, qu'on le veuille ou non, EXISTE entre
l'Église Romaine et les autres Églises Chrétiennes.
Qui oserait pousser le scepticisme jusqu'à nier la réalité
? Une telle attitude aboutirait à rejeter les faits alors que les
faits nous imposent un résultat ! Car on ne peut jamais séparer
ces deux aspects évangéliques de la Charité ; servir
et unir.
Saint Paul écrit avec autorité : "Vous êtes tous
fils de Dieu par la Foi au Christ Jésus ; vous tous, en effet,
baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ; il
n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme,
car vous ne faites tous qu'UN dans le Christ Jésus " (Gal.
3/27).
La vocation de l'Église s'inscrit dans l'Unité, c'est à
dire une vocation en regroupement. Ce qui a pour conséquence immédiate
la vie en pleine communion ecclésiale d'Église à
Église, en symbiose universelle. Et que serait la communion ecclésiastique
sans communion totale au Christ ordonnant l'unité ? Une machinerie,
une bureaucratie dépourvue de grandeur spirituelle chrétienne,
allant à l'encontre de ce divin commandement !
Hans Küng est dans cette optique Paulinienne en écrivant (op.
cit. p.386) : "L'Unité de l'Eglise ne repose pas en fin de
compte sur elle-même".
Le docte théologien indique par là qu'elle ne repose pas,
par exemple, sur un ensemble sociologique uniforme, sur une organisation
hiérarchique, une discipline, une administration spécifique,
mais sur l'Unité de Dieu même, qui est efficace par Jésus-Christ
dans l'Esprit.
La communion ecclésiastique est, par conséquent, avant tout,
une réalité de Foi, une grandeur spirituelle, incompressible.
Le clergé, Prêtres, Evêques, Pape et le Peuple de Dieu
qu'il rassemble, sont les éléments physiques porteurs de
cette même communion.
C'est le seul et même Dieu qui rassemble en un seul Peuple de Dieu
les dispersés de tous les lieux et de tous les temps. Autrement
dit, tous les chrétiens sans distinction tempo-spatiale, raciale
ou confessionnelle.
C'est le seul et même Christ, qui par sa parole les unit tous en
une seule communion fraternelle par son Esprit.
La communion ecclésiastique, ce n'est pas la structure hiérarchique,
administrative, cléricale avec ses rapports de conséquences
; il n'y a là qu'un encadrement. C'est une spiritualité
dans l'Église et entre toutes les Églises.
C'est par le seul et même baptême par lequel tous deviennent
membres du même Corps du Christ, le seul et même repas du
Seigneur, dans lequel tous restent unis au Christ et entre eux.
Ici, nous voyons les signes tangibles, sacramentaires de la communion
fraternelle. Ils sont communs aux Églises chrétiennes et
brisent les frontières imaginaires qu'une certaine ecclésiologie
obscure, maintenant dépassée, assignait à la notion
de communion ecclésiastique.
" C'est la seule et même confession de foi au Kyrios Jésus,
la même espérance de la gloire, le même amour expérimenté
dans l'unité des curs, le même service pour le monde
".
Ce passage de Küng est très important parce qu'il élève
les causes de communion fraternelle à un horizon eschatologique.
On songe tout de suite à l'ascension communionnelle : " Lorsqu'ils
se réveillèrent, ils virent Sa gloire " (Luc 9/32).
Car tout est dit là ....
Cette finalité de la communion (ecclésiale comme ecclésiastique)
est à elle seule une justification amplement suffisante. La communion
fraternelle, ici-bas, dans l'Église du Christ, ne prélude-t-elle
pas à cette autre communion fraternelle des Âmes dans la
Jérusalem céleste ? (Ap. 21).
Comment pourrait-elle être, dès cette terre, réduite
ou bornée par une Église au détriment d'une autre
? La communion terrestre ne serait plus en vue de son prolongement eschatologique,
sans parler de manque de fraternité, de charité ....
C'est pourquoi, au delà des questions hiérarchiques, disciplinaires
et administratives, toutes secondaires, dominées et absorbées
par le Christ, on peut vraiment parler en foi d'une communion ecclésiastique
entre l'Église Romaine et l'Église Catholique Libérale.
17 - Un catholique romain peut-il communier à la messe catholique
libérale ?
C'est la question d'appartenance uniquement qui permet, à priori,
de faire une telle demande puisque la consécration eucharistique
de notre Église est reconnue absolument valide par l'Église
Romaine.
La " communicatio in sacris " envisage la participation active
d'un catholique romain à la liturgie d'une autre Église
chrétienne. Suivant l'ancienne tradition, et en règle générale,
Rome interdisait pareille participation à ses fidèles. Tout
acte de culte, enseignait-on, est une confession de foi. D'où empêchement
de recevoir la sainte communion hors de l'unité de la foi. Corrélativement,
on estimait qu'un catholique qui hors le cas de nécessité,
demanderait les sacrements dans une autre communion chrétienne,
se rallierait implicitement à la confession de foi de cette communion.
Or, certaines dispositions, prises en 1964 par Vatican II en matière
d'eucharistie, ont enlevé à ce qui précède
son support indispensable avec tous les motifs déterminants.
En participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de la vie
chrétienne, les fidèles offrent à Dieu la Victime
Divine et eux-mêmes avec elle. Ainsi tous, aussi bien par l'oblation
que par la sainte communion, jouent leur rôle propre dans l'action
liturgique ; les uns d'une manière, les autres d'une manière
différente. (Constitution dogmatique "De: Ecclesia" n°
11)
Antérieurement, le sacrement reçu dans une autre Eglise
constituait toujours, ipso facto, une adhésion à cette Eglise.
Aujourd'hui, ces conséquences aliénantes sont devenues juridiquement
désuètes, puisque le nouveau dogme reconnaît que les
fidèles participent au sacrifice eucharistique en jouant leur rôle
propre dans l'action liturgique ; les uns d'une manière, les autres
d'une manière différente. Il n'y a donc plus, forcément,
adhésion à l'Eglise qui donne la Communion. Le communiant
apporte son intention. Cette intention peut être dans un sacrement
de l'unité voulue par le Christ. (Jean, 17/20-21)
Il est exact de dire qu'avec le nouveau dogme, le principal empêchement
juridique a disparu. Quid de l'autre motif ?
Le catholique ne devait pas communier hors de l'unité de la foi.
Cette règle a sa motivation dans le fait que l'Eglise catholique
ne croit pas pouvoir célébrer le sacrement de l'unité
avec les Églises de tradition protestante parce que leur foi en
l'Eucharistie est différente. Il est évident que cette même
règle ne saurait concerner l'Eglise Catholique Libérale
(même foi en l'Eucharistie).
Quelques casuistes, usant d'une argumentation d'une subtilité par
trop mince, réprouvent la communion oecuménique en prétendant
que l'Eucharistie est un sacrement de l'Église et pas seulement
un sacrement dans l'Église. A cette objection, il est facile de
répondre que tout sacrement dans l'Église est aussi sacrement
de l'Eglise, lorsque deux communautés ecclésiales indépendantes
l'une de l'autre professent la même foi dans ce sacrement.
C'est alors, ici comme là, le même signe caractéristique
de l'Eglise en lequel celle-ci unit les croyants aux mystères du
Christ et prolonge l'action sanctificatrice du Seigneur.
On insistait, avant 1964 (Vatican II), sur le fait qu'il n'était
pas permis à un catholique de communier à une messe orthodoxe
(bien que la consécration eucharistique orthodoxe soit indubitablement
valide), car le nom même de communion indique que l'on est dans
la communauté de la même Église. Ce point de vue péchait
grossièrement à la base. Il se fondait sur ce que la communion
sacramentelle signifie et réalise la communion ecclésiale
- ce qui est vrai - et il en déduisait que le communiant catholique
adhérait ainsi à une communauté étrangère,
ce qui est faux. Faux, car ce même point de vue s'appuyait sur un
texte paulinien (1 Cor. 10/17) qu'il détournait de son sens véritable.
La communion ecclésiale du texte susvisé ( " nous formons
un seul corps car nous participons tous à un même pain ")
est la résultante de la communion sacramentaire au Christ qui,
précisément, a institué une communion pour tous :
" Prenez et mangez en tous ", qui a ordonné l'unité
de tous et non le dégroupement, qui n'a jamais réservé
l'Eucharistie à une communion ecclésiale restreinte !
La commensalité dont parle Saint Paul est avant tout une commensalité
spirituelle effectuée par la fraction du pain, et non l'appartenance
à un groupe social fermé aux autres chrétiens désireux
de rompre le même pain ! Unus panis ....En outre, la théologie
post-conciliaire élargit considérablement, hors d'une seule
Eglise déterminée, la notion d'unité de l'Eglise.
Küng écrit : " L'unité de l'Eglise est une grandeur
spirituelle. Elle n'est pas en premier lieu une unité des membres
entre eux ". (op. cit. p.386). Il y a débordement inter-ecclésial
dans le Christ.
Pour toutes ces raisons, il est indéniable qu'un catholique romain
est en droit de communier à la messe catholique libérale.
C'est même un moyen de manifester concrètement l'unité
du Peuple de Dieu, qui, dans ce sacrement sublime, est admirablement signifiée
et nouvellement réalisée. (cf. Const. Dogmatique "De
Ecclésia", n° 11).
18
- Un catholique romain peut-il, sans renoncer à ses dogmes, aller
à la messe de l'Eglise Catholique Libérale ?
Oui, notre Eglise n'impose pas au catholique romain de quitter sa confession
d'origine. Car nous sommes nous-mêmes CATHOLIQUES. Et il faut ajouter
que notre catholicisme m'est pas étroit, mais libéral. Nous
accueillons à nos autels tous ceux qui s'en approchent avec respect
et sincérité, ne posant aucune condition, à nos frères
chrétiens, dans le domaine de la croyance.
19 - Quelle messe un catholique romain trouve-t-il à l'Eglise Catholique
Libérale ?
Nous avons gardé la forme traditionnelle du culte catholique,
donné par l'" Ordo Missae " de Pie V, avec son rituel
majestueux, son profond mysticisme et le témoignage vivant qu'il
rend à la réalité de la grâce sacramentelle.
Nous n'observons pas le nouvel " Ordo Missae " promulgué
par Paul VI. Ainsi, à titre d'exemple, la messe est célébrée
face à l'autel et non face au peuple ; nous n'avons pas réduit
le culte liturgique des Anges et des Saints, ni supprimé les encensements,
etc...
20 - Un Catholique Romain peut-il suivre régulièrement la
messe Catholique Libérale et continuer à croire à
l'infaillibilité papale ?
Oui, car nous avons un respect absolu de la conscience individuelle.
En cette matière de primauté Romaine, on sait qu'aucun pouvoir
absolu n'a été redonné au Souverain Pontife dès
l'origine. " Aux premiers siècles du christianisme, au contraire,
le Pape était seulement tenu pour l'Evêque de Rome, capitale
de l'Empire, jouissant de ce fait d'une préséance particulière.
C'est à partir du IX° siècle qu'on voit nettement apparaître
dans le droit canon l'idée de la suprématie Romaine dans
l'Église ". (Marcel Pacaut, " Les Institutions Religieuses
", p.9, Presses Universitaires de France).
Puis, au cours du Moyen-Age, profitant de la lutte qu'elle mène
contre les souverains pour empêcher toute intervention laïque
dans les affaires ecclésiastiques, la Papauté établit
sa toute-puissance et crée les grands organismes de centralisation
administrative.
Chez toute personne en particulier, nous respectons la croyance ou la
non-croyance à cette innovation canonique du IX° siècle,
la primauté romaine.
Le Concile de Vatican I a proclamé, le 13 Juillet 1870, l'Infaillibilité
pontificale. Cette infaillibilité ne s'impose évidemment
pas à l'Eglise Vieille Catholique, ainsi nommée parce qu'elle
refusa ce dogme nouveau, ni à l'Eglise Catholique Libérale
qui procède de l'Eglise Vieille Catholique. Mais nous respectons
chez toute personne la sincérité subjective qui donne créance
à l'infaillibilité papale. Laissant les fidèles libres
d'interpréter eux-mêmes les Ecritures, il s'en suit que nous
les laissons libres d'interpréter le "Tu es Petrus et superbanc
petram .... " pour décider s'il introduit ou non la primauté
Romaine et, comme extrême pointe, l'infaillibilité. Nous
considérons que l'intelligence humaine est pour l'homme un des
meilleurs moyens d'approcher à la réalité scripturaire
comme spirituelle.
Et comme notre Eglise est christiquement libérale (Mat. 7/13; Rom.
7 et 2/12,16) et n'exige aucune abjuration, il en résulte qu'un
Catholique Romain peut faire partie de notre communauté ecclésiale
tout en gardant " in se " un dogme particulier et, par exemple,
celui de l'infaillibilité papale.
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